Frankétienne a toujours raison (Gilles Colleu)

A Frankétienne et Marie-Andrée,
qui dorment, ce 21 janvier 2010, 
dans la cour de leur maison.

Frankétienne a toujours raison,
Brigant cubique
Et volte-face reniflant
L’envie des femmes
Et le limon des terres
La secousse de la sienne
Tellurique et féconde
Déplace et dévore
Les grondements de la misère.
Maintenant vibre
l’en-dedans zinzamard,
Les pleurs du géant,
Désespoir de la prémonition,
Tout arrive
Quand le mépris dirige.

Frankétienne a toujours raison,
Pyromane en chef
Et gardien isocèle
D’un mur à crever
Les envies d’évasion.
La terre se replace
Dans son lit d’indifférence
Le géant pleure
Et le mur s’efface.
Reste pour rempart
La figure immense
Du barde debout,
Le poète est toujours vivant.
Son théâtre des ombres
Dit nos voix avenirs.

Frankétienne a toujours raison,
Ravageur triangulaire,
Son pieu en terre
Enfantera la matrice
Les savoirs et les verbes
Des enfants innombrables,
De ceux qui se perdent
Dans les replis boueux
Des ravines lisières.
D’une parole oblique
Grossira l’exigence
Qu’un peuple enfant du géant
Toujours dézinguera
La médiocrité cacochyme
Des oraisons analphabètes.

Gilles Colleu

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