Caradec s’est carapaté

 » Il n’y a personne. Il ne se passe rien. « , est le 168e texte de la B.O. (Bibliothèque oulipienne), signé François Caradec, mort jeudi à Paris, à l’âge de 84 ans. François Caradec, est l’auteur de biographies de référence de Lautréamont, d’Alfred Jarry et d’Alphonse Allais, régent du collège de ‘Pataphysique depuis l’origine et membre de l’Oulipo depuis 1983.

Il est le premier bibliographe de Boris Vian. Il a publié des livres sur le Café-concert et ses personnages illustres (Le Pétomane, Jane Avril au Moulin Rouge). Il est l’un des premiers historiens de la bande dessinée (biographie de Christophe et I primi Eroi, première anthologie internationale de la B.D.parue en Italie). S’est intéressé aux Pastiches et aux Mystifications, à l’argot moderne (un dictionnaire régulièrement  mis à jour depuis 1977). Il a publié aussi ce qu’il appelle des  « bandes dessinées en prose » Nous deux mon chien, La Compagnie des Zincs, Le Porc, le coq et le serpent, Catalogue d’autographes rares et curieux… Il a édité plusieurs auteurs oubliés : Franc-Nohain, Mac Nab, Gabriel de Lautrec, Töpffer, Nadar, George Auriol, Albert Humbert et surtout les œuvres complètes d’Alphonse Allais. Participe aux émissions des « Papous » sur France Culture. Dernier livre paru : Histoires pour Camille. Sous presse : Dictionnaire des Gestes, Nouvelles histoires pour Camille. 

Son dernier livre, un roman noir intitulé « Le doigt coupé de la rue du Bison », vient de paraître chez Fayard.

Selon la 4e de couverture :  » Le commissaire Pauquet, dont la devise est « in the pocket », est chargé en haut lieu d’enquêter sur la disparition partielle d’un individu de sexe féminin. Les suspects qu’il est appelé à rencontrer, homme ou femme, aveugle ou clair-voyant, chien ou chien, ont tous dans leur passé quelque chose qui ne passe pas.

L’enquête se retourne alors comme un gant (ou comme une peau de lapin) et mène Pauquet dans une direction qu’il n’avait pas prévue : deux récits se croisaient, il est seul à s’en rendre compte, mais trop tard pour arrêter le train.

Tout ça pour un doigt coupé ramassé rue du Bison. « 

Parmi les réactions :

 » J’étais en train d’écrire le compte-rendu de ce «rompol» quand j’ai appris hier la mort de son auteur. J’avais une tendresse particulière pour François Caradec et cette annonce m’a bouleversée. J’ai écrit pour lui cette petite épitaphe anagrammatique :

Ric rac, sa faconde
Se farcira donc ça ?
Frac noir, cascade,
Son cri, ça cafarde.

(…) « , écrit sur son blog, Elisabeth Chamontin.

Et Camille Bloomfield :

Une somptueuse moustache blanche
Des sourcils épais
Des yeux perçants
Une voix un peu éraillée
Une voix toujours bienveillante
Un humour de zinc
Un amour du zinc
Un savoir parallèle
Une curiosité partagée
Une écriture ronde
Une plume légère

Un homme que l’on n’oublie pas.

François Caradec était un peu notre grand-père à tous.
Nous sommes tristes mais nous savons que là-haut, il a rejoint Allais, Queneau, Arnaud et les autres, et qu’ensemble, au moins, ils doivent bien rigoler.

Merci pour tout, Caradec.

Lignes de fuite écrit : Berlol va encore dire que ce n’est pas le rôle de Lignes de fuite que de centripèter, mais tant pis, cette nouvelle m’attriste …

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