Un atelier d’écriture c’est une métamorphose. On y entre pour écrire mieux, autrement. On explore des textes comme les aventuriers des territoires, des mers, des horizons. On ressort comme d’une forêt vierge, fourbus de travail, heureux de slalomer entre les bouts-rimés, de proposer des pastiches, de lire à voix haute un texte de son cru. On n’y croit pas. On s’émerveille pour un rien. On nage dans un petit bonheur.
On examine les phrases dans leurs séquences, leurs entre-deux, comme des montages au sens du cinéma, de la vidéo. Ou des phrases dont un mot, un seul donne toute la vigueur. Un verbe par exemple, qui tend la phrase comme une arbalète. La phrase qui catapulte la lecture, le lecteur. Ou, au contraire, le chicane, le taquine. Ou des phrases dont le seul adjectif décale le propos, le rendant plus grave, ou plus léger.
Un atelier d’écriture nous propulse dans l’écriture facile. Nous propulse.
