Pensez-vous que l’écriture peut aider à trouver la modernité ? demandait Pierre Barbancey dans un entretien au journal L’Humanité, le 19 décembre 2001.
Naguib Mahfouz: « Bien qu’il y ait beaucoup d’analphabètes et d’illettrés, la littérature se transforme, dans notre pays, en d’autres médias comme la télévision et le cinéma. Un livre de littérature, au bout du compte, est lu par toute la population. L’écriture a beaucoup d’effets sur la culture et sur toutes les valeurs civilisationnelles. »
Etapes de la vie de Naguib Mahfouz:
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1911 : naissance au Caire
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1958 : Les fils de la médina est publié en feuilleton et interdit.
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1988 : Prix Nobel de littérature
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1994 (83 ans) : nouvelle publication en feuilleton des Fils de la médina et agression par un fondamentaliste musulman
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30 août 2006 (94 ans) : décès au Caire.
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2 octobre 2006 : Son Excellence, à paraître chez Actes Sud-Sindbad.
2007 : Mémoires, entretiens avec Ragaa Naqqash, à paraître chez Actes Sud-Sindbad.
Passage des miracles, Sindbad, 1989 [en collection de poche chez
10/18, 2000] : Un quartier du Caire, pendant la Seconde guerre mondiale. Son passé brillant, sa gloire disparue et son présent en lambeaux. "Une vie à l’écart des mouvements du monde, bruissante de sa vie propre, reliée au monde dans ses profondeurs."
Rêves de la convalescence, Editions du Rocher, 2003
Extrait : « Rêve 148: La compétition entre les trains et les voitures sur les routes agricoles se fit de plus en plus violente. Les responsables des trains se réunirent enfin et décidèrent d’un wagon pour la débauche et pour les femmes où l’on agirait en toute liberté ainsi qu’une salle dans chaque train pour boire, danser et chanter. Je me mis à boire, à danser et à chanter en attendant de trouver un moyen pour me faufiler dans le wagon de tous les plaisirs. »
Echos d’une autobiographie, éditions de l’Aube, 2004. «La mort nous rendit sa première visite le jour où elle nous enleva ma grand-mère. […] Je me sentis tout petit devant une géante dont le souffle puissant avait envahi toutes les pièces de la maison. En plein désarroi, je m’échappai du cercle familial pour aller m’isoler dans ma chambre, goûter un moment de calme. Soudain la porte s’ouvrit et je vis entrer une belle femme à la longue tresse noire. Elle me murmura avec tendresse : "Ne reste pas tout seul."»
